Beaucoup de parents sont totalement démunis parce que leurs enfants ne sont pas motivés ? C'est pour répondre à cette problématique que Parents-thèse m'a invitée à animer la conférence "T'inquiète, je gère !" Voici les 5 conseils que j'ai eu l'occasion de développer pendant plus d'une heure pour remotiver vos enfants et les mettre en mouvement et les rendre acteurs de leurs apprentissages.

1. Se fixer des objectifs de travail

La première étape est de se fixer des objectifs de travail. En fonction du jeune, de sa personnalité, de son rythme, il pourra se fixer des objectifs quotidien ou hebdomadaire mais une chose est sûre : sans objectif, pas de résultat. Pour être efficace, un objectif doit être SMART, c'est-à-dire Spécifique (il convient de clairement établir ce que l'on veut accomplir), Mesurable, Ambitieux (assez pour demander un effort, pour que ce soit un défi à atteindre), mais néanmoins Réaliste (pour ne pas risquer de démotiver le jeune et qu'il abandonne) et délimité dans le Temps.

2. Passer de la perception à l'évocation 

Cela signifie de faire l'effort intellectuel de passer d'un apprentissage passif, où les informations viennent à nous de l'extérieur à un apprentissage actif où l'on demande à son cerveau de faire sien le savoir, de créer des liens qui nous parlent. En effet, la perception, c'est l'apprentissage soumis aux cinq sens. C'est, par exemple, la situation dans laquelle se trouvent nos enfants quand ils écoutent le cours en classe ou quand le soir, ils relisent leurs notes. La perception leur donne l'impression de connaître. Ils ont compris donc ils pensent avoir appris mais c'est un leurre. Passer à l'évocation leur permet de vérifier l'information qu'ils ont véritablement gardée en eux. Pour ce faire, une technique simple, celle de la feuille blanche. Dites à votre enfant de prendre une feuille blanche, sans avoir recours à ses notes et de demander à son cerveau ce dont il se rappelle : le titre d'abord, puis les titres des parties (pour l'aider à structurer l'information), puis enfin les informations dont il se souvient dans chaque partie. Une fois qu'il a ainsi restitué tout ce dont il se rappelle, il peut compléter l'information manquante (tel un gruyère) à l'aide de ses notes. Je vous garantis que c'est un moyen infaillible de s'assurer de ce qu'il a véritablement stocké dans sa mémoire.

3. S'adapter à son profil d'apprentissage

On ne crée pas ses évocations de la même façon en fonction de son profil d'apprentissage. Un visuel aura besoin de représentations mentales pour apprendre efficacement, on pourra donc lui conseiller de faire des fiches avec des couleurs, des cartes mentales, des post-its, ... Un auditif pourra, quant à lui, réciter sa leçon à voix haute, travailler en binôme ou écouter des podcasts alors qu'un jeune qui a besoin de toucher, de bouger, d'expérimenter, de ressentir, en d'autres termes, un kinesthésique aura besoin de demander des exemples concrets, de participer beaucoup en cours et de bouger pour ancrer les apprentissages dans sa mémoire.

4. Ne pas confondre comprendre et apprendre ou mémoriser et apprendre

En réalité, il y a cinq étapes dans le processus d'apprentissage : porter son attention, comprendre, mémoriser, réfléchir et extrapoler.

Porter son attention est la première étape car si on ne demande pas expressément à son cerveau de retenir une information, il ne la retient pas ! Malheureusement, le cerveau ne peut pas avoir une attention soutenue de manière infinie. A concentration maximale, l'attention chute au bout de 25 minutes. Il est donc impossible de demander à vos enfants d'avoir une attention soutenue pendant tout un cours. Ainsi, pour bénéficier au maximum de l'heure de cours, il va devoir mettre en place deux actions : expliquer en amont à son cerveau les informations pertinentes à retenir absolument pour l'aider à faire le tri et être actif pendant le cours, participer au maximum.

La deuxième étape est de comprendre, c'est-à-dire de pouvoir restituer la leçon avec ses propres mots. On a tendance à survaloriser cette étape qui est certes essentielle mais pas suffisante. En effet, ce que l'on a compris se trouve dans la mémoire à court terme. Pour passer à la mémoire à long terme, il va falloir passer à la troisième étape, celle de la mémorisation.

Mémoriser, c'est réactiver plusieurs fois les apprentissages pour les ancrer ain de les mobiliser quand bon nous semblera. Si on passe cette étape, en une semaine 90% de ce qui aura été dit pendant l'heure de cours sera tout simplement oublié. C'est ce que l'on appelle la courbe de l'oubli d'Ebbinghaus.

Réfléchir est la quatrième étape, celle qui nous permet d'utiliser le savoir à bon escient quand on nous pose une question précise. Un jeune qui maîtrise cette étape évite en général, les hors sujets car il sait piocher dans le stock d'informations disponibles dans son cerveau celles qui lui permettent de répondre à la question de façon pointue sans régurgiter tout son cours.

La cinquième étape, celle de l'imagination créatrice est plus complexe et peut être écartée dans un premier temps.

5. Persévérer

Une fois que votre enfant a compris l'importance de chacun de ces outils, le plus important est de ne pas lâcher. S'il persévère et qu'il est régulier dans son travail, cela finira par payer. Aidez-le en ne valorisant pas les résultats mais les progrès.

Pour aller plus loin, voici nos autres outils et méthodes pour apprendre à bien apprendre : l'ouvrage Ton meilleur atout, c'est toi ! paru aux éditions de Boeck et nos formations 6h pour apprendre à apprendre et Comment apprendre en fonction de son profil d'apprentissage.