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C'est une fille...

Vous y avez cru? C'est parce que l'on peut faire dire ce que l'on veut à une photo ou à un texte qu'il convient d'interroger l'information que l'on reçoit. Aujourd'hui plus que jamais, dans un monde où l'information circule à toute allure et où tout le monde peut s'improviser écrivain, politologue, analyste stratégique et avoir une tribune via les réseaux sociaux, vérifier la véracité d'une information est indispensable. C'est la raison pour laquelle nous avons organisé, avec l'Université d'Evry, une formation pour pousser les étudiants à remettre en question l'information qui les entoure. Est-elle fiable? Est-elle pertinente? Laissons la parole à notre formatrice pour comprendre comment, petit à petit, elle a éveillé leur esprit critique et leur a permis au gré d'une séance de se forger les premiers réflexes pour vérifier que l'information qu'il trouve n'est pas une "fake news" ...

C'est une fille...
Par Sandrine Dirani
Sommaire

Vous y avez cru?

C'est parce que l'on peut faire dire ce que l'on veut à une photo ou à un texte qu'il convient d'interroger l'information que l'on reçoit. Aujourd'hui plus que jamais, dans un monde où l'information circule à toute allure et où tout le monde peut s'improviser écrivain, politologue, analyste stratégique et avoir une tribune via les réseaux sociaux, vérifier la véracité d'une information est indispensable. C'est la raison pour laquelle nous avons organisé, avec l'Université d'Evry, une formation pour pousser les étudiants à remettre en question l'information qui les entoure. Est-elle fiable? Est-elle pertinente? Laissons la parole à notre formatrice pour comprendre comment, petit à petit, elle a éveillé leur esprit critique et leur a permis au gré d'une séance de se forger les premiers réflexes pour vérifier que l'information qu'il trouve n'est pas une "fake news" ...

Les élèves arrivent progressivement et sont invités à s’asseoir le plus près possible, sans laisser trop de places vides entre eux : le module sera interactif et ils seront parfois amenés à travailler en binôme.

Le cadre est plus convivial ainsi et les élèves se détendent. Ils sont prévenus d’emblée : le module sera ce qu’ils en feront… à l’image du sujet qui les occupera ce jour là : développer son esprit critique pour se repérer parmi les flux d’informations et se fonder sur des connaissances fiables ! L’enjeu d’une vie.

Chaque partie commence par une interrogation ou un petit exercice qui leur est adressé. Le module commence rapidement : est-il si facile de connaître, de savoir quelque chose ? Est-ce que l’on ne rencontre pas de nombreuses difficultés ? Est-ce que l’on ne tombe pas souvent sur des obstacles, voire sur des pièges ? Ils jouent le jeu et les réponses fusent : la multiplicité des informations, la distance (spatiale, comme temporelle) avec son sujet d’étude, les erreurs, les mensonges, les préjugés, les illusions, mais aussi le manque de motivation ou encore le manque de confiance en soi qui nous font baisser les bras trop rapidement… Autant de difficultés rencontrées en chemin. Sans le savoir, les voilà plongés dans d’épineuses questions épistémologiques !

C’est l’occasion, en fonction des discussions, de leur raconter l’allégorie de la caverne de Platon – en mimant des hommes enchaînés ! –  ou encore de les initier à la réflexion de Kant, au tout début de Qu’est-ce que les Lumières ? en leur faisant remarquer que, bien souvent, ils ont eux-mêmes identifié deux obstacles majeurs qui freinent notre autonomie intellectuelle et que le philosophe souligne : la paresse et la lâcheté ! Car c’est bien cela, avant tout, que demande le développement de son esprit critique et qui s’impose pour qui veut penser par lui-même : du travail et du courage ! L’occasion de leur rappeler que cet enjeu est celui non seulement d’études réussies mais aussi d’une vie de citoyen éclairé.

Ce détour par la philosophie leur permet de comprendre que ces questions s’inscrivent dans des enjeux bien plus vastes, qui dépassent la simple actualité… Mais rapidement, la discussion se tourne vers les fake news, ou encore sur la difficulté de se repérer parmi les différentes sources que l’on trouve sur Internet. L’occasion de les sensibiliser aux différents types de site que l’on y trouve… et de la nécessaire distinction à opérer, entre autres, entre les sites humoristiques et les sites véritablement journalistiques… Très rares sont les élèves, en effet, qui connaissent Le Gorafi par exemple ! Et pourtant, presque tous ont des Smartphones et disent voir défiler dessus des flux d’informations… sur lesquels on peut soupçonner que les canulars s’accumulent ! Les voilà donc découvrant, hilares, les articles du Gorafi, rassurant leurs camarades à l’occasion : ce sont bien des blagues !

Vient alors le temps des repères concrets : distinguer une source primaire d’une source secondaire et réfléchir à leur complémentarité, évaluer la fiabilité d’une source à travers une check-list de questions réflexes à se poser ou encore utiliser de façon éclairée des outils pratiques que l’on peut trouver en ligne. Ces conseils sont aussitôt appliqués : seuls, ou en groupe, ils sont amenés à naviguer sur Internet à la recherche de telle ou telle information…

Pour finir, les participants doivent évaluer un article, la crédibilité de ses informations et la fiabilité du site sur lequel il a été publié… l’occasion de revoir quelques réflexes indispensables pour évaluer le sérieux d’une information et la satisfaction de constater que les réflexes sont bien là : « l’information paraît bizarre », « aucune source spécifique n’est citée », « aucun fait précis n’est mentionné ! ». Reste alors à retenir l’essentiel : une fois des sources fiables identifiées, il faut multiplier ses lectures, les confronter entre elles, pour compléter leurs approches et faire varier les angles d’interprétation… un travail personnel, à renouveler sans cesse !

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Présenté par: Sandrine
le 19 Décembre 2018
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